Chère Maîtresse,

école à la maison – le retour, jour 1.

Chère Maîtresse, école à la maison – le retour, jour 1.

Chère Maîtresse,

école à la maison – le retour, jour 1. 

Ici à Munich, les écoles viennent de refermer. Heureusement que cela ne dure que trois jours. Toute la nuit, j’en ai eu les mains moites. J’ai rêvé que j’étais coincée entre les pages d’un cahier de grammaire, mon futur n’était plus qu’un conditionnel et mon présent était très imparfait. A 7h30, je me suis réveillée en sursaut, mon fils était hilare à sa table de travail, ses cahiers grand ouverts devant lui. “Maman, on fait école à la maison, c’est trop chouette, hein?” J’ai opiné en silence en croisant les doigts dans mon dos. A 7h52, il en avait assez. Il a rangé d’un air plus-que-parfait son cahier de conjugaison pour le moins imparfait, pour saisir celui de maths, transformant au passage mes rêves de boulot en un passé simple bien vite oublié. La sueur a perlé sur mon front. Ma journée devenait aussi complexe qu’une équation à deux inconnues, mon fils était le y et moi j’étais le x, nous nous courions après sans jamais nous trouver.  A 8h10, j’ai déclaré forfait et suis retournée me coucher… A 8h12, son petit frère a déboulé les bras chargés de feutres: “Maman, on fait école à la maison, c’est chouette, hein, c’est chouette”. J’ai ouvert les feutres et ni vue ni connue, j’ai dessiné des gouttes de pluie de toutes les couleurs sur les vitres du salon… Parce que finalement, peindre la pluie en couleurs, par les temps covidiens qui courent, il n’y a que ça de vrai.