ChĂšre MaĂźtresse, Le soleil brille haut, les petits oiseaux chantent dans le ciel, les nuages nous saluent, câest le printemps ! Ah, si seulement nous pouvions tous sortir et cesser de jouer au base-ball sur le canapĂ©. Car oui, je vous le dis sans ambages, mon logis est un taudis⊠Ah, maĂźtresse, maĂźtresse, vous lâaurez compris, nos maisons ne se remettront pas de ce virus maudit. Imaginez trois adorables lions enfermĂ©s dans une cage, dorĂ©e, certes, mais une cage quand mĂȘme. Les meubles renversĂ©s en une seule journĂ©e, les jouets Ă©parpillĂ©s, je ne cesse de ranger... Et vive le balai... O rage, ĂŽ dĂ©sespoir, ĂŽ confinement ennemi, Nâai-je donc tant vĂ©cu que pour ce grand taudis ? Et ne suis-je blanchie dans les tĂąches mĂ©nagĂšres Que pour voir, en un jour, tout couvert de poussiĂšre ? Mon bras quâavec respect toute la famille admire, Mon bras qui tant de fois a sauvĂ© le tapis, Tant de fois astiquĂ© les chaises et le buffet Ne sait donc plus que faire et ne peut me sauver ? O cruel souvenir de mon ordre passĂ©, Ćuvre de tant de jours en une heure effacĂ©e... Jouets, peluches, voitures, vous aurez-donc ma perte ? MaĂźtresse,âŠ