JOUR 56

JOUR 56 Chère Maîtresse, Je n’ai pas tenu plus de deux jours, à croire que je ne peux plus me passer de vous… Mais enfin, c’est trop tentant… D’abord, parce que demain, c’est le 11 mai, celui que tout le monde attendait (la bisette à mon frère qui fête son anniversaire). Et comme dit l’adage, « en mai, sors quand il te plaît ! » Ensuite parce que pendant ce confinement, avec mon fils, on a appris beaucoup de vocabulaire. Il faut vous l'avouer, j’adore les expressions désuètes comme « se casser la binette », « être Gros-Jean comme devant », ou autre confiseries françaises. Seulement voilà… L’expression qui a le plus marqué mon fils est malheureusement : « ce sera la fête du slip », une phrase bien malheureuse qui m'a, comme qui dirait, échappée... Il ne s’en est pas remis, presque autant que le gars qui s’appelle On et qui a un phare, c’est dire… Et comme il l’a dit lui-même, « Maman, le 11 mai, c’est sûr, ce sera la fête du slip !» Alors de fait, j’ai hâte de voir. Demain, ce sera comment ? La fête du slip, tout le monde qui se précipite dans…

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JOUR 54

JOUR 54 Chère Maîtresse, Eh bien voilà, nous en approchons, de ce déconfinement… Un petit vent de liberté a frémi quand aujourd’hui a sonné la récré. Alors même si l’école ne reprend pas, même si je continue à jouer à la maîtresse, la surveillante, la cantinière et la prof de sport au moins jusqu’au 15 juin, il y a tout de même quelque chose qui me réjouit… Lundi, il y aura le grand retour des LIBRAIRIES ! Et qui dit librairie dit… mon roman : enfin, je l’attendais tellement, des mois, des heures, des jours, j’y ai tant et tant travaillé, et pour tout vous dire, je l’aime… Beaucoup même… Chère maîtresse, je continuerai à vous écrire, c’est promis, certes un peu moins jusqu’au 15 juin… Mais vous verrez, j’ai beaucoup de choses à dire. Ce n’est qu’un au revoir, jusqu’à la prochaine fois ! Alors oui, je sais. Ces 8 dernières semaines, je n’ai pas toujours été patiente, mais j’ai fait de mon mieux. Je n’ai pas toujours été gentille, mais j’ai fait de mon mieux. Je n’ai pas toujours été juste, ni bienveillante ni même bonne en maths, mais j’ai fait de mon mieux. Croyez-le vraiment, et du…

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JOUR 53

JOUR 53 Chère Maîtresse, Ce soir j’ai l’humeur morose et rien de bien drôle ne me vient… Voilà, il paraît que l’école ne reprendra pas pour nous avant le 15 juin, et encore pour le petit il n’y aura rien. Alors je ne veux pas rentrer dans un débat stérile de pour ou contre l’école, il ne m’intéresse pas. J’ai seulement de la peine. J’ai de la peine pour mes enfants, pour tous les enfants, qui ont pleuré en apprenant la nouvelle. Certes il y en a qui sont joyeux, mais pour les miens, l’école c’est leur vie. Ils aiment y aller, ils aiment son odeur, sa cour de récré, les billes et chat perché, et même la cantine, c’est dire ! Alors oui, j’ai de la peine, j’ai de la peine quand je les vois errer en disant « je m’ennuie », j’ai de la peine quand ils parlent de leurs copains avec tant d’envie. J’ai de la peine quand mon fils de 4 ans parle de son anniversaire, celui qu’on attendait tant, le 1er avec les copains, et qu’on ne fêtera pas… J’ai le cœur brisé d’entendre mon grand pourtant si calme péter un plomb et hurler une…

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JOUR 51

JOUR 51 Chère Maîtresse, Ce matin, je reçois ce petit message affolé de mon fils en pleine vidéo-classe, alors que j’étais moi-même en call avec un client : « Mon iPad n’a plus de batrie [sic], je peux en avoir un autre ? » Ah, maîtresse, il est grand temps d’expliquer la vie à nos chers petits… Si la voiture n’a plus d’essence, on ne la change pas pour autant, non ? Eh bien, pareil pour la tablette… Mon enfant, tu vois le petit fil, là ? Tu le prends et tu le branches. Et puis, le dictionnaire est sur ton bureau. Tu pourras recopier dix fois le mot « batterie », instrument dont tu joues et qui t’a semble-t-il tapé sur la tête… Alors voilà, au début, j’ai un peu ri quand même. Il y a quelques semaines, j’aurais trouvé ce message saugrenu… Mais beaucoup de virus ont passé sous les ponts, et d’un coup, je me suis sentie comme un dinosaure… De mon temps, j’avais une trousse, une jolie trousse ronde bien garnie d’où débordaient des crayons de toutes sortes, des stylos 4 couleurs, une gomme rose et bleue... Chaque matin, je l’installais sur mon bureau en bois,…

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JOUR 50

JOUR 50 Chère Maîtresse, Après la philosophie chinoise et l’histoire égyptienne, voici que mon fils s’attaque aux poètes du XVIIe siècle… On n’arrête plus son appétit pour la culture ! Les vertus du confinement, qui l’eut cru ? Son dessin, croqué à la va-vite sur un cahier taché, c’est tout Boileau en fait ! N’est-ce pas évident ? « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. » Voilà… Je crois que Boileau a écrit cela pour nous, en se projetant dans 2020. Nul besoin de tergiverser, soyons directs quand trois mots suffisent, preuve que le sentiment de mon fils est bien conçu et que tout est bien clair : « MARRE DU CONFINEMENT ». L’émoticône en grrr est bien sûr un plus que Boileau ne pouvait inventer, mais enfin, il faut vivre avec son temps… Ah, maîtresse, je crois que les enfants ont ce don de dire simplement ce que tout le monde a très envie d’exprimer. C’est merveilleux. Encore bravo pour tout ce travail culturel de fond que vous avez mené en classe cette année. Je suis bien heureuse de voir mon fils aussi cultivé : les pharaons, Confucius, Lao Tseu,…

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JOUR 47

JOUR 47 Chère Maîtresse, Avez-vous remarqué comme les enfants ne se lassent jamais du comique de répétition ? Hier, mon fils se réveille avec une illumination… Il vient de comprendre la blague d’Astérix: mission Cléopâtre, récemment vu en famille afin d’éveiller nos enfants aux merveilles de l’Histoire. « C’est un mec qui s’appelle On, et qui a un phare… Eh bien, c’est le pharaon, ah oui, le phare à On ! Maman, j’ai compris ! » Il se précipite dans la chambre de son frère, 4 ans : « Le mec il s’appelle On, et il a un phare, c’est le pharaon… » Bon public, le petit frère rit de bon cœur, aucune idée de qui peut être ce pauvre gars dans son phare mais il négocie contre son enthousiasme de se faire prêter une voiture. Visite chez le moyen : le pharaon… Ah oui, ça commence à tourner en boucle là, pire qu’un disque rayé. C’est merveilleux à quel point les enfants ne se fatiguent jamais…Dans l’après-midi, je l’entends appeler son meilleur copain : « Le mec il s’appelle On ». Oui, je sais, et il a un phare… Le copain rit franchement, je ris jaune. Mais qui a…

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JOUR 46

JOUR 46 Chère Maîtresse, Les enfants ont l’art de se poser des questions essentielles. En ce moment, tous les débats familiaux tournent autour du port du masque. Où et quand, masque ou pas masque, telle est la question… Il y a ceux qui aiment, ceux qui n’aiment pas, ceux qui suffoquent, ceux qui s’en moquent. Il n’en résulte pas moins que le port du masque est ici obligatoire dans les transports et les magasins. Nouvelle annonce de taille, les piscines rouvriront fin mai. Pour les Allemands, le Freibad, extraordinaire piscine publique extérieure à espaces multiples est une institution. Les enfants en rêvent toute l’année et attendent dès mai leur ouverture en trépignant. Suite à cette annonce, les questions vont bon train. « Est-ce qu’il faudra porter un masque aussi ? Faudra-t-il une distance de sécurité dans la queue du toboggan ? Comment on fera pour manger une glace ? » Mon plus grand me regarde d’un coup d’un air songeur. A 10 ans, on comprend mieux la vie, c’est certain. Il me dit : « Mais, maman, tu te souviens, au Freibad, il y a des espaces spéciaux pour les gens tout nus, tu sais, derrière les barrières… » Je…

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JOUR 40

JOUR 40 Chère Maîtresse, Aujourd’hui, j’ai vécu un rêve. C’était si doux… Et je m’endors ce soir des étoiles plein les yeux. C’est pour cela que je vous écris, c’est important : dites bien aux enfants que cela arrive vraiment, que les Cendrillons se transforment en princesses, que oui, il suffit d’en rêver pour le devenir ! Et cela marche aussi pour les petits princes. Alors voilà… Ce matin, je me suis levée tout excitée : c’était enfin le grand jour. Trois semaines que je l’attendais et que je devais sans cesse passer mon tour : ma première angine, celle de mon fils, ma seconde angine.. Je voyais à chaque fois mon mari sortir ravi et revenir détendu. Mais ce matin, tout allait bien : les petits oiseaux m’ont réveillée, j’ai sauté de mon lit, chanté devant mon placard, j’ai sorti ma tenue de lumière, un peu poussiéreuse mais si merveilleuse, et chaussé mes pantoufles de vair. A talon bien sûr, hauts, très hauts, il fallait fêter ça ! Ah maîtresse, quelle joie, aujourd’hui, je sortais ! J’ai quitté ma tenue ménagère, délaissé mon boulot, oublié les lessives, me suis coiffée, maquillée, j’ai même verni mes ongles. De nos jours,…

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JOUR 39

JOUR 39 Chère Maîtresse, Je crains fort que l’on nous ait menti… Dès le début de confinement, les gens criaient de tous côtés qu’enfin, enfin, nous allions lire ! Et moi de me réjouir de cette si belle opportunité… Six semaines ont passé, et mon bilan semble bien maigre… En raclant bien les fonds de tiroirs, je ne trouve guère plus que 2 Elle, 1 Paris Match, et tout de même un roman de 200 pages… Pour me donner bonne figure, j’ajoute bien volontiers 350 lectures du Gruffelo, 235 de Timoté fait du ski, et une douzaine d’Au lit les affreux. Voilà…Ce bilan chétif m’a de fait questionnée… Après avoir tourné et retourné la question dans tous les sens, j’ai trouvé la solution… Mais pour vous aider à passer le temps, je vous la laisserai deviner. Chère Maîtresse, une mère de 3 enfants effectue 2 lave-vaisselle par jour. Il faut 10 minutes pour le charger, et 10 minutes pour le vider. A cela s’ajoute pas moins de 7 lessives par semaine, 10 minutes à charger, 30 minutes à étendre, détendre, vider, plier, ranger…J’ajoute volontiers 3 repas par jour (10 minutes pour mettre le couvert, 15 pour ranger), dont deux qui…

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Jour 38

Chère Maîtresse, hier, j’en ai eu gros sur la patate. Laissez-moi vous raconter par le menu. J’aurais mérité de gagner TOP CHEF tant j’avais mitonné un bon programme à mes chers petits. Il faut dire qu’on avait du pain sur la planche. A 9h, tout le monde était prêt en rang d’oignons, et nous voici au coloriage en PS, à tracer sur une feuille des arcs-en-ciel. 9h30 : chorale. Je m’époumone « savez-vous planter les choux », je tape des mains, frappe des pieds, mais la mayonnaise ne prend pas. Mon adorable enfant me regarde avec des yeux comme deux ronds de flan : « Maman, c’est quand qu’on va à l’école ? » 10h : véritable MacGyver du confinement, je transforme une boîte d’œufs en exercice de maths : « prends une carte avec un chiffre, et mets autant de billes dans la boîte que sur la carte ». On fait et on refait, le compte n’est jamais bon, cela commence à nous prendre le chou (qu’on ne sait toujours pas planter) et on dit à l’exercice d’aller se faire cuire un œuf... 11h : c’est la récré, tout le monde hurle et se dispute. La moutarde me monte…

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Jour 37

Chère Maîtresse, Aujourd'hui, nous avons décidé de nous offrir une petite page d’histoire. Et nous voici plongés dans la Grande Vadrouille, monument d’anthologie à la qualité historique et objective certaine. Les enfants étaient ravis, ils avaient compris la Pat' Patrouille et s’attendaient à voir une bande de chiots précoces nous délivrer de notre virus ennemi. Dès les premières secondes, ils ont déchanté en découvrant la première phrase du générique : « Les films CORONA présentent »… « Maman, non, pas un film d’horreur ! » Je précise que ce n’est pas une blague, photo à l'appui... Ils étaient tous à trembler sous la couette et nous avons dû jurer que ce film n’était pas contagieux. Par mesure de sécurité, ils l’ont regardé masqués. Après cette parenthèse historique, où les anglais sont des pochtrons, les français des hystériques et les allemands n’en parlons pas, mon moyen ne cessait de sursauter en entendant la langue de Goethe. Comme nous habitons Munich, c’est pour le moins gênant. Pendant le dîner, la conversation dérive sur la Thaïlande. « C’est où ? », me demande-t-il. « En Asie ». Le revoilà sous la table : « En nazi, mais il ne faut surtout pas y…

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Jour 36

Chère Maîtresse, Aujourd’hui c’était la rentrée. Une rentrée qu’on aurait bien aimé faire en classe, mais que l’on fera sur place. Mon fils, encore tout endormi, m'a demandé comment on pouvait rentrer puisqu'on n'était jamais sorti... C'était une bonne question. Il a fallu ruser... Ni une ni deux, tout le monde sac sur le dos, on ouvre la porte, on sort, on fait le tour de la maison, on entre par l'autre porte. La classe peut commencer... Face au ciel bien terne et au coeur des enfants en berne, votre idée de leur faire écrire une poésie sur les nuages a été un vrai rayon de soleil. Je vous retranscris ci-dessous celle de mon fils, que je trouve bien jolie : Les nuages sont un bonheur. Il nous apporte la pluie, les gouttes d’eau. Tout ce qui nous rend heureux ! Les enfants sautent dedans. Les gens sautent de joie, les martiens sont contents. Les adultes aussi. Ils peuvent essayer leurs nouveaux parapluies. Les escargots sont contents. Ils sortent enfin de leurs belles coquilles. Les jardiniers sont contents, plus besoin d’arroser les légumes. Les nuages sont un bonheur. Chère maîtresse, vous ne pouviez pas trouver thème plus joli pour cette…

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Jour 32

Chère Maîtresse, Aujourd’hui, nous avons rattrapé notre retard en grammaire et nous sommes penchés sur le PASSIF. Mais voyez-vous, je n’avais jamais réalisé à quel point le passif est ESSENTIEL à la vie d’un enfant ! Je ne cesse d’avoir des révélations face à vos cours de grammaire. Voici un exemple probant : l’autre nuit, mon plus petit débarque à 3 heures du matin avec cette jolie phrase : « Maman, mon lit est tout mouillé ! » Formule merveilleuse, n’est-ce pas, qui a surtout le mérite de le dédouaner de toute responsabilité ! Oseriez-vous accuser mon fils de faire pipi au lit, lui qui vous regarde de son air de chat, les joues baignées de larmes, en essorant son pyjama ! Bien sûr que non, c’est la magie du passif ! Au passif, « le sujet subit l’action ». Chez nous, les enfants sont des oies blanches, et les lits se mouillent tout seuls. Même prodige dans la cuisine : voici que les placards sont accusés de tous les maux : « Maman, le chocolat a été fini ! » [Penses-tu, mon chéri, tu en as pris 5 carrés hier, et tes frères au moins autant!] Du fond de…

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Jour 31

Chère Maîtresse, Ce matin, mon fils évoque une certaine « Iphygiénique ». N’est-ce pas extraordinaire ? Je ne peux que m’ébahir de la culture acquise cette année par mes enfants auprès de vous, et j’ai d’abord envie de vous dire bravo, parce qu’à 8 ans, connaître "Iphigénie", Racine et le théâtre du XVIIe siècle, cela me laisse sans voix… J’entends d’ici les applaudissements confinés de nos chers académiciens. Mais surtout, ne faut-il pas voir dans cette déformation d’Iphigénie, couplée à « hygiénique », une étonnante sagacité ? Les enfants ont toujours eu cette espèce de 6e sens que les adultes ont perdu, une sorte de naïveté primitive et candide qui leur permet de voir plus loin. Mon fils savait-il à l’avance que l’enjeu le plus crucial de ce début d’année 2020 serait le papier hygiénique ? Car oui, l’hygiène est bien le nerf de la guerre. Je me rengorge donc, je glousse, je lui caresse la tête. Je lui demande : « Mais comme c’est bien mon chéri, où as-tu entendu parler d’Iphigénie ? ». Réponse blasée : « Ben à l’école ». Ah, chère maîtresse, j’ai toujours su que vous étiez exceptionnelle, au moins autant que mon fils. «…

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Jour 30

Chère Maîtresse, Hier, quand nous avons eu l’annonce que l’école n’allait pas rouvrir tout de suite toute de suite, une fois le choc passé, mon fils m’a dit avec une grande maturité. « Tu sais, je ne suis pas triste. Les copains me manquent, mais quand on fait l’école à la maison, y a plus de cours le matin, et c’est vraiment mieux. » Ah maîtresse, vous imaginez ma joie ! Ce moment de reconnaissance suprême où mon fils me dit que je suis mieux que vous ! Sans vouloir vous offenser, il faut bien reconnaître que cela fait plaisir. Parce que pour vous, tout est facile et évident, bien sûr, vous connaissez toutes les ficelles du métier, mais pour nous, pauvres parents, quel désarroi ! Je l’ai toujours su, les enfants ne sont pas ingrats, ils savent se rendre compte des efforts fournis et de la qualité du travail accompli ! Je me rengorge, je cache mon sourire, je décide de creuser, de repasser un petit coup de pommade : « Ah oui, les cours sont plus longs ? Tu veux dire que tu aimes bien quand on travaille ensemble, toi et moi ? » Il en lâche le…

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